Les vagues de chaleur de mai et juin ont renforcé l'envie de déménager de 26 % des Français vers un environnement plus adapté au climat, selon le baromètre annuel du déménagement réalisé pour le réseau Les déménageurs bretons. Plus de la moitié se disent prêts à des compromis sur leur logement ou sa localisation pour mieux supporter les étés à venir.
 

Trois épisodes de fortes chaleurs depuis fin mai, des records de température battus dans de nombreux départements, et une question qui s'installe dans les foyers : faut-il partir ? Le baromètre du déménagement 2026, sondage mené en ligne auprès de 2 003 personnes représentatives de la population d'avril à mai, complété par une vague post-canicule début juillet, mesure pour la première fois l'effet direct d'un été extrême sur les intentions résidentielles. Le résultat est net : 26 % des Français déclarent que la canicule a renforcé leur envie de déménager vers un environnement plus adapté au climat, dont 10 % qui en ont désormais « beaucoup plus » envie.
 

Le phénomène touche d'abord les jeunes et les urbains. Chez les moins de 35 ans, la proportion grimpe à 45 %. Les parents (35 %) et les habitants des grandes agglomérations (33 %, et jusqu'à 40 % dans l'agglomération parisienne) suivent. La canicule agit comme un accélérateur d'une tendance déjà engagée : avant même cet été, 17 % des Français ayant déménagé au cours des dix dernières années indiquaient que le changement climatique avait influencé leur décision ou leur destination, avec des motivations très concrètes, éviter les régions trop chaudes (31 %), les zones exposées aux incendies (26 %), les zones inondables (23 %) ou les territoires en pénurie d'eau (22 %).
 

Payer plus cher ou vivre plus petit, les nouveaux arbitrages
Le basculement le plus intéressant du baromètre porte sur la nature des compromis. Depuis la canicule, 54 % des Français se disent prêts à accepter au moins un changement pour vivre dans un logement ou une région mieux adaptés au climat. Un tiers concentre ses concessions sur le logement lui-même : 21 % accepteraient de payer davantage pour un logement plus performant sur le plan énergétique, et 21 % un logement plus petit mais mieux armé contre les fortes chaleurs. Plus d'un quart (27 %) est prêt à céder sur la localisation, en choisissant une région différente de celle envisagée si elle est moins exposée aux risques (18 %) ou en s'éloignant de son lieu de vie actuel (14 %).
 

Avant l'été, les arbitrages portaient plutôt sur l'organisation du déménagement que sur le logement : 60 % acceptaient de perdre en flexibilité, 54 % un déménagement plus long, 43 % une organisation plus complexe, au profit de gestes concrets comme la réutilisation des cartons ou le don de meubles. La chaleur déplace le curseur du mode de déménagement vers les caractéristiques du futur habitat, quitte à y mettre le prix.
 

L'environnement s'installe dans les critères de choix
Au-delà de l'effet conjoncturel, 73 % des Français envisageant de déménager accordent de l'importance aux critères environnementaux dans leur recherche, et 27 % les jugent très importants. La sensibilité culmine chez les 65 ans et plus (85 %), les familles avec enfants (83 %) et les propriétaires (79 %). En tête des attentes figurent un logement peu énergivore (65 %), la proximité des commerces et services (62 %), des espaces verts (60 %) et une bonne étiquette DPE (58 %). 

 

Les réalités économiques gardent toutefois le dernier mot : parmi ceux qui relèguent ces critères au second plan, 41 % citent la priorité du prix, de la surface ou de la localisation, et 41 % la contrainte budgétaire. Reste à savoir si les intentions déclarées à chaud, au sens propre, se transformeront en cartons dans les douze prochains mois.
 


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