Holdings patrimoniales : la taxe de 20 % qui vise les actifs « dormants »

C’est l’une des mesures les plus sensibles du projet de loi de finances pour 2026. Le gouvernement instaure une taxe de 20 % sur certains actifs détenus par des sociétés holdings patrimoniales, lorsqu’ils ne sont pas affectés à une activité opérationnelle.
 

Un champ d’application strictement encadré
La taxe concernera les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, françaises ou étrangères, dès lors que plusieurs conditions sont réunies. La valeur vénale des actifs doit atteindre au moins 5 millions d’euros, la société être contrôlée par une personne physique, et plus de 50 % de ses revenus être qualifiés de passifs.
 

Le texte définit précisément la notion de contrôle, en tenant compte des détentions directes ou indirectes, y compris familiales. L’objectif est clair : cibler les holdings patrimoniales dont l’activité est essentiellement de détention.
 

Une assiette centrée sur les actifs de jouissance
L’assiette de la taxe vise des actifs emblématiques de la détention patrimoniale : véhicules non professionnels, bateaux, avions, hélicoptères, résidences mises à disposition de l’actionnaire, bijoux, métaux précieux, chevaux, vins et alcools ou encore biens liés à la chasse et à la pêche.
 

Les objets d’art, d’antiquité ou de collection sont explicitement exclus, illustrant la volonté du législateur de circonscrire la taxe à certains usages patrimoniaux précis.
 

Une articulation inédite avec l’IFI
Lorsque la société est établie en France, la taxe sera due par la société elle-même. Pour les holdings étrangères, elle sera supportée par les associés résidents fiscaux français, avec un mécanisme de plafonnement global à 75 % des revenus.
 

Point notable : les titres de sociétés soumis à cette taxe seraient exonérés d’IFI. Une articulation nouvelle entre fiscalité des sociétés et fiscalité du patrimoine, qui pourrait néanmoins soulever des questions constitutionnelles.
 


Articles similaires

Derniers articles

Retraite : le cadre du privé perdra près de la moitié de son revenu

Retraite : le cadre du privé perdra près de la moitié de son revenu

15 Sep 2026

Le taux de remplacement moyen, c’est-à-dire la part du dernier salaire conservée une fois à la retraite, s’établit à 75 % pour un non-cadre et à 51,5 % pour...

L’épargne qui dort coûte 681 euros par an et par tranche de 10 000 euros

L’épargne qui dort coûte 681 euros par an et par tranche de 10 000 euros

15 Sep 2026

Une étude Revolut chiffre le manque à gagner des ménages français qui laissent leur épargne excédentaire sur des comptes bancaires peu ou pas rémunérés. Le ...

Un primo-accédant sur quatre achète avec l’argent de sa famille

Un primo-accédant sur quatre achète avec l’argent de sa famille

15 Sep 2026

Le premier Observatoire Nestenn des trajectoires immobilières met un chiffre sur une pratique que tout le monde connaît sans la mesurer : 26,1 % des primo-a...

Catégories